3 CONSEILS POUR PRÉVENIR ET RÉSOUDRE LES VIBRATIONS DU MOTEUR

Par le service client de P&WC
8 nov. 2018 | | 3 min DE LECTURE

Des procédés simples de maintenance et de diagnostic permettent aux exploitants de turbosoufflantes de minimiser les niveaux de vibration des moteurs, ce qui contribue à optimiser le rendement des aéronefs et le confort des passagers.

1. COUVRIR LES MOTEURS POUR EMPÊCHER L’EFFET DE MOULINET

Une turbosoufflante classique est dotée d’aubes en titane assemblées en queue d’aronde (dovetailed) à un moyeu en titane. Ces aubes doivent correctement s’aligner lorsque le moteur fonctionne. Si elles ne se verrouillent pas en position équilibrée, des vibrations peuvent se produire. Souvent, le vent cause ce problème en faisant tourner les aubes alors que l’appareil se trouve au sol. Surnommé effet de moulinet, ce phénomène « peut faire tourner la turbosoufflante, mais pas suffisamment pour verrouiller les aubes, qui se meuvent légèrement dans leur queue d’aronde », explique Francis de Gruchy, ingénieur du Service client du moteur PW300.

La friction entre les aubes et le moyeu génère de microscopiques particules de poussière de titane, lesquelles ne posent aucun danger pour le moteur; toutefois, avec le temps, elles peuvent empêcher les aubes de la turbosoufflante de se verrouiller en position optimale.

Francis de Gruchy, ingénieur du Service client du PW300

La façon la plus simple de prévenir l’effet de moulinet est de protéger les moteurs en scellant toutes leurs ouvertures lors des périodes d’inactivité, et ce, peu importe leur durée. Cette protection empêche en outre les oiseaux d’y faire leur nid et prévient l’accumulation de la neige et de la glace.

2. EFFECTUER LA MAINTENANCE PÉRIODIQUE DES AUBES DE SOUFFLANTES

Certains exploitants souhaitent d’abord et avant tout décoller rapidement et évitent par conséquent de couvrir leurs moteurs. Dans ce cas, Francis recommande d’effectuer la maintenance des aubes de soufflantes à intervalles réguliers afin d’empêcher les vibrations de s’accentuer avec le temps.

Cette procédure de routine exige de démonter les aubes une par une, de les nettoyer, d’enduire les caissons de graisse lubrifiante, puis de remonter les aubes.

Si vous couvrez vos moteurs immobilisés, il est inutile de lubrifier les caissons. Autrement, cette étape doit faire partie de vos activités de maintenance régulières.

Francis de Gruchy, ingénieur du Service client du PW300

Il revient à l’exploitant de déterminer l’intervalle. Il peut décider d’effectuer la maintenance toutes les 600 ou 800 heures de vol ou lorsque les vibrations commencent à augmenter. Le manuel d’entretien du moteur contient des instructions détaillées à cet égard.

3. ENVISAGER LES DOMMAGES CAUSÉS PAR DES CORPS ÉTRANGERS ET D’AUTRES CAUSES POTENTIELLES

Les soufflantes sont équilibrées à l’usine, au sein d’un environnement immaculé, où elles peuvent se verrouiller dans leur position adéquate. Mais dans les environnements d’exploitation courants, il arrive que des vibrations apparaissent. Si la saleté du moyeu résulte la plupart du temps de la friction avec l’aube – surtout si les vibrations s’accentuent avec le temps, mais varient d’un vol à l’autre –, il existe d’autres causes possibles.

Une augmentation soudaine des niveaux de vibration peut provenir de dommages causés par des corps étrangers (FOD), comme lorsqu’un oiseau entre en contact avec le moteur. De tels incidents peuvent déséquilibrer l’ensemble des aubes en déplaçant les poids de compensation, et ce, même en l’absence de dommages visibles.

Notre règle d’or en matière de diagnostic consiste à privilégier les options les plus simples et évidentes. Si les vibrations s’accentuent progressivement pendant plusieurs mois, nous essayons d’abord d’effectuer la maintenance des aubes; si ça ne marche pas, nous optons pour une analyse des vibrations.

Francis de Gruchy, ingénieur du Service client du PW300

Une recherche des régimes vibratoires – réalisée en connectant un analyseur de vibrations au connecteur de vibrations pendant que le moteur fonctionne – déterminera si des poids de compensation doivent être installés pour rééquilibrer l’ensemble et à quel endroit. Il s’agit d’une pièce d’équipement standard dont disposent la plupart des exploitants de services aéronautiques d’aéroport et les fabricants d’équipement d’origine.

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Un accessoire défectueux, comme un démarreur ou un générateur, peut également être à l’origine des vibrations. Dans ce cas, il est nécessaire de le remplacer. Afin de déterminer de quel accessoire il s’agit, Francis suggère d’intervertir un accessoire donné entre les moteurs de droite et de gauche, puis de constater si les vibrations s’en trouvent changées.

Enfin, certaines alertes aux vibrations émises par le système d’alerte de l’équipage peuvent être de fausses alertes en raison d’une défaillance du système de télédétection des vibrations de l’appareil. « Pour faire la différence, il suffit de vérifier si le pilote perçoit les vibrations par l’entremise du manche de commande ou des pédales de palonnier, ou encore si les passagers les entendent ou les sentent à l’intérieur de la cabine », explique Francis.

Si un client nous fait part d’une alerte aux vibrations, nous lui demandons d’abord s’il sent ou entend les vibrations à l’intérieur du cockpit ou de la cabine. Si c’est le cas, nous sommes alors certains qu’il s’agit de véritables vibrations. Sinon, il nous faut procéder à un diagnostic du système d’analyse des vibrations. 

Francis de Gruchy, ingénieur du Service client du PW300

Les moteurs P&WC sont généralement certifiés pour fonctionner en toute sécurité à un niveau de vibration atteignant 1 pouce par seconde (po/sec). Mais selon la conception de l’appareil et la tolérance individuelle des passagers ou de l’équipage, les vibrations peuvent être perceptibles à partir de 0,3 ou 0,35 po/sec.

Pour découvrir d’autres conseils de Francis, consultez les 6 outils pour l’entretien de votre turbosoufflante.