L’ABC de l’analyse d’huile à moteur

Par le service client de P&WC
12 févr. 2017 | | 4 min DE LECTURE

Dans un moteur d’avion, l’huile est bien davantage qu’un lubrifiant. Elle est notamment essentielle pour le refroidissement, le nettoyage et la réduction du bruit. Il importe donc de la faire vérifier et analyser pour qu’elle remplisse adéquatement ses fonctions.

Quand et quoi analyser

Il est recommandé de prélever un échantillon d’huile pour le faire analyser si on constate à l’inspection visuelle que l’huile est très noire, a une odeur particulière ou présente des caractéristiques anormales. Vous n’avez pas absolument besoin de vidanger l’huile, mais, à tout le moins, elle doit être analysée pour déterminer son indice acide total (TAN) et sa teneur en eau. 

Habituellement, la teneur en eau de l’huile neuve varie de 0,02 % à 0,04 %, soit de 200 à 400 parties par million (ppm). Il arrive parfois que l’eau pénètre dans le circuit carburant par contamination accidentelle lors du lavage du compresseur ou en raison d’une condensation normale. Or, les huiles-moteur absorbent facilement l’eau et l’humidité de l’air, ce qui fera augmenter leur teneur en eau à la longue. Soulignons enfin qu’une teneur de plus de 1000 ppm peut aussi faire augmenter le TAN, ce qui accélérera la corrosion des composants du moteur.

Comment prélever l’huile du moteur

Lorsque vous prélevez un échantillon d’huile, vous devez y inscrire le nom de marque, le numéro de série du moteur, le temps total d’utilisation  (état de l’huile) ainsi que le temps de vol depuis la mise en service du moteur (TSN) ou depuis la dernière révision (TSO). Demandez à un laboratoire approuvé d’analyser le TAN et la teneur en eau et, au besoin, la viscosité et les additifs.

Si l’un des paramètres dépasse le seuil maximal, nous vous recommandons : 1) d’égoutter l’huile du réservoir puis de la jeter; 2) de vérifier l’état du filtre à huile et au besoin de le remplacer par un nouveau; 3) de remplir le réservoir avec de l’huile neuve.

Si vous avez la bonne trousse, vous pouvez effectuer vous-même les analyses. Dans ce cas, servez-vous d’une trousse Titra-Lube TAN pour l’indice acide total et de la trousse HydroScout Analyzer pour la teneur en eau. 

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Suivre la consommation d’huile

Chaque fois que vous ajoutez de l’huile dans votre moteur, inscrivez la quantité versée pour connaître la consommation moyenne. Comparez ensuite vos données aux limites indiquées dans le manuel d’entretien. Si le moteur surconsomme, il est possible qu’une pièce doive être réparée. En effet, un joint torique endommagé peut causer une fuite ou une défectuosité qui amène le moteur à brûler trop d’huile.

L’huile est cruciale pour que le moteur reste en bon état et soit efficace. Ne la négligez pas et suivez les conseils ci-dessus.

Survol historique des lubrifiants pour turbines à gaz d’avion

Les premiers moteurs d’avion à piston étaient lubrifiés avec des huiles naturelles comme de l’huile de ricin ou des huiles minérales raffinées. Toutefois, ces huiles n’offraient pas la stabilité oxydative et thermique nécessaire pour résister aux températures élevées des systèmes mécaniques, ce qui causait des dépôts de gomme et de vernis à la surface du métal.

Dans les années 1950, après des recherches visant à améliorer la stabilité oxydative et thermique, les lubrifiants synthétiques à base de polyester sont devenus des produits de choix pour les turbines à gaz d’avion. En effet, leurs propriétés chimiques les rendent efficaces pour un large spectre de températures (de -65 oF à 425 oF ou -54 oC à 218 oC). En outre, ces lubrifiants fonctionnent à merveille dans les moteurs d’avion, parce qu’ils présentent une bonne stabilité oxydative et thermique, une pellicule extrêmement solide, un bon mouillage de surface et de bas taux d’usure et de frottement.

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